← Retour aux 4 parcours

02

Transition Juste & Savoirs

Comment nos cultures et nos racines peuvent-elles nous aider à inventer le monde de demain ?

Qu'allons-nous aborder ?

Présentation du parcours

En Guyane, les peuples autochtones et les communautés bushinenge protègent la forêt depuis des siècles et portent des savoirs — agricoles, médicinaux, architecturaux, spirituels — que la France ne reconnaît toujours pas pleinement dans ses politiques publiques. Nous allons explorer ce que « transition juste » signifie concrètement pour la Guyane, où en est la reconnaissance des savoirs et des droits fonciers des peuples autochtones et afro-descendants, et comment porter cette exigence dans les négociations climatiques internationales.

Chiffres clés

Les données à retenir

  • Environ 10 000 personnes appartiennent aux peuples autochtones de Guyane (moins de 5 % des ~300 000 habitant·es) : Kali'na, Lokono, Palikur, Teko, Wayãpi, Wayana.
  • Six langues bushinenge recensées : aluku, ndyuka, pamaka, saamaka, kwinti, matawaï.
  • La Convention n°169 de l'OIT (1989), seul traité contraignant sur les droits des peuples indigènes et tribaux, n'est toujours pas ratifiée par la France.
  • La bande des « cinquante pas géométriques » (81,20 m depuis le rivage), héritée de l'époque coloniale, structure encore le foncier littoral.
  • COP30 (Belém, 2025) : 1 300 Md$/an pour les pays vulnérables et adoption du Belem Action Mechanism, premier mécanisme dédié à la transition juste.
  • Accord de Guyane du 21 avril 2017 : 400 000 hectares promis aux peuples autochtones — 0 hectare transféré neuf ans après, alors que les collectivités ont reçu plus de 154 000 des 250 000 hectares promis (~62 %).

L'essentiel du cadre

Comprendre les notions

La transition juste désigne une transformation écologique qui ne laisse personne de côté — ni les travailleurs des secteurs à reconvertir, ni les peuples dont les droits et les savoirs ont longtemps été niés. Aux Nations unies, elle est portée par le Programme de travail sur la transition juste (JTWP). La Plateforme des Communautés Locales et des Peuples Autochtones (LCIPP) vise à faire remonter leurs savoirs dans les rapports climat (NDC, NAP, Bilan mondial). L'article 8(j) de la Convention sur la diversité biologique engage les États à respecter et maintenir les savoirs, innovations et pratiques des communautés autochtones et locales.

Focus Guyane

Ce qui se joue ici

  • Six peuples autochtones et six communautés bushinenge coexistent avec les populations créoles, métropolitaines, brésiliennes, haïtiennes, hmong et latino-américaines.
  • Les droits fonciers restent régis par un empilement de statuts hérités de la colonisation : zones de droit d'usage collectif, « cinquante pas géométriques », domaine privé de l'État.
  • Le Grand Conseil Coutumier réclame un vrai pouvoir de décision sur le foncier et la lutte contre l'orpaillage illégal ; il a quitté en 2024 le groupe de travail sur le futur EPCCE.
  • La FOAG a présenté le 7 août 2026 une feuille de route : dialogue direct avec l'État, répartition égale des 400 000 ha entre les six peuples, un établissement public par peuple, reconnaissance de zones sacrées.
  • La France a ratifié la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (2007) mais toujours pas la Convention n°169 de l'OIT.

Appel de la Guyane 2025

Ce qui était déjà demandé

  • Reconnaissance légale et institutionnelle des savoirs autochtones et afro-descendants dans les politiques publiques, avec protection contre toute appropriation non consentie.
  • Réparation réelle des préjudices historiques via le Fonds pertes et dommages et le Réseau de Santiago, avec accès direct et prioritaire aux financements.
  • Réforme ambitieuse du foncier : propriétés collectives et coutumières, accès à la terre pour les jeunes ruraux, financements via le Fonds Vert pour le Climat.
  • Participation pleine et effective des représentant·es des communautés dans les instances climat (JTWP, SBSTA, SBI, CMA), avec des moyens dédiés.
  • Ratification de la Convention n°169 de l'OIT et reconnaissance du statut spécifique des peuples autochtones et afro-descendants dans la Constitution.

Bilan post-COP30 · 2026

Où en est-on ?

La COP30 a adopté le Belem Action Mechanism, premier mécanisme des négociations climat dédié à la transition juste — une revendication directement en lien avec l'Appel de la Guyane 2025. Sa portée reste à confirmer : mise en œuvre, financement et place réelle des peuples autochtones dans sa gouvernance restent à définir. La conférence de Santa Marta (Colombie, avril 2026), 57 États et l'Union européenne autour d'une feuille de route volontaire de sortie des énergies fossiles hors format COP, a donné une place notable à la société civile et aux peuples autochtones.

Fiche résumé

À retenir

  • La Guyane est un territoire pluriculturel où les savoirs autochtones et bushinenge constituent une ressource pour l'adaptation climatique.
  • La France n'a toujours pas ratifié la Convention n°169 de l'OIT : la demande la plus structurante restée sans réponse depuis 2025.
  • Le foncier reste le nœud du problème : 0 hectare transféré sur les 400 000 promis en 2017, contre 62 % des 250 000 hectares promis aux collectivités.
  • Le Belem Action Mechanism ouvre une fenêtre institutionnelle — à condition de suivre de près sa mise en œuvre.

Bibliothèque associée

Ressources du parcours

  • site· Français

    Transition juste

    ADEME

    Une ressource qui présente les enjeux d'une transition écologique prenant en compte les dimensions sociales, économiques et territoriales, afin que les transformations ne laissent personne de côté.

  • site· Français

    Agir pour la transition

    Ministère de la Transition écologique

    Des ressources pour comprendre les transformations nécessaires face aux enjeux environnementaux et les différentes manières d'agir à l'échelle individuelle et collective.

  • ressource pédagogique· Français

    Ressources sur la transition écologique

    ADEME

    Une sélection de ressources pour mieux comprendre la transition écologique et découvrir différents outils et contenus permettant de réfléchir aux changements de nos modes de vie et de nos territoires.

  • référence scientifique· Anglais / Portugais

    Amazon Assessment Report

    Science Panel for the Amazon

    Une référence scientifique sur l'Amazonie qui permet de mettre en perspective les transformations du territoire, les savoirs, les sociétés et les enjeux environnementaux à l'échelle amazonienne.

Ouvrir la bibliothèque · Transition Juste & Savoirs