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Adaptation / Atténuation

Dans quelle Guyane voulons-nous vivre dans un monde qui se réchauffe ?

Qu'allons-nous aborder ?

Présentation du parcours

Érosion du littoral, forêt qui s'assèche, rizières abandonnées, canicules urbaines, communes du fleuve isolées : le changement climatique n'est pas un scénario lointain pour la Guyane, il est déjà là. Ce parcours donne les clés pour comprendre deux notions souvent confondues — l'adaptation (réduire notre vulnérabilité aux impacts déjà inévitables) et l'atténuation (réduire les émissions) — et pour voir comment elles s'articulent avec les savoirs autochtones, bushinengué et créoles déjà adaptés au milieu.

Chiffres clés

Les données à retenir

  • Température : +1,3 à +1,9 °C d'ici 2050 ; +2,9 à +4,2 °C d'ici 2100 (GuyaClimat, Météo-France / BRGM, 2022).
  • Niveau de la mer : +0,24 à +0,28 m d'ici 2050 ; +0,54 à +0,84 m d'ici 2100.
  • Précipitations : -3 à -16 % d'ici 2050 ; -15 à -25 % d'ici 2100 (jusqu'à -50 % en saison des pluies selon les mois).
  • Déjà observé : +1,50 °C en Guyane entre 1970 et 2024, et un record de 39,0 °C à Camopi le 17 octobre 2023.
  • COP30 : 1 300 milliards $/an mobilisés, avec un engagement à tripler le financement de l'adaptation d'ici 2035.

L'essentiel du cadre

Comprendre les notions

Atténuation = réduire les émissions de gaz à effet de serre à la source (énergie, transports, déforestation). Adaptation = réduire la vulnérabilité des populations et des territoires face aux impacts déjà en cours. Les deux sont pilotées au niveau international par les Plans Nationaux d'Adaptation (NAP), les CDN/NDC, l'Objectif Mondial d'Adaptation (GGA) et le Programme de Travail sur l'Atténuation (MWP) — des cadres dans lesquels la Guyane reste largement invisible.

Focus Guyane

Ce qui se joue ici

  • Érosion côtière : le trait de côte guyanais est l'un des plus mobiles au monde ; l'Observatoire de la Dynamique Côtière (ODyC) suit ce phénomène mal capté par les indicateurs nationaux.
  • Mangroves : puits de carbone et rempart contre la submersion, en recul d'environ 1 % par an (AUDEG, 2025).
  • Agriculture : les polders rizicoles de Mana (jusqu'à 7 600 ha dans les années 1990) déjà abandonnés à cause de l'érosion marine et des entrées salines.
  • Submersion : jusqu'à +50 à 100 % de zones en submersion chronique à Cayenne et Kourou d'ici 2100 (AUDEG, 2025).
  • Pêche et forêt : baisse possible de 40 % du volume de bois récolté ; migration des espèces de poissons vers des eaux plus froides.

Appel de la Guyane 2025

Ce qui était déjà demandé

  • Reconnaissance officielle des spécificités climatiques et sociales de la Guyane, et inscription explicite dans les NAP, les NDC, le Bilan Mondial et le GGA.
  • Éducation à l'environnement fondée sur les savoirs autochtones et afrodescendants (classes-nature, abattis éducatifs).
  • Urbanisme transformé : bâti bioclimatique, limitation de l'artificialisation, énergies renouvelables locales.
  • Construction inspirée des architectures bushinengué, autochtone et créole (élévation, ventilation naturelle).
  • Jardins partagés pour l'autonomie alimentaire et le lien social.
  • Transports en commun accessibles, éligibles aux financements climat internationaux.

Bilan post-COP30 · 2026

Où en est-on ?

La COP30 a acté le triplement du financement de l'adaptation d'ici 2035, activé le Fonds pertes et dommages et adopté le Belem Action Mechanism. Elle a aussi lancé la Tropical Forest Forever Facility (TFFF), avec plus de 6,7 milliards $ promis pour rémunérer la conservation des forêts tropicales — directement pertinent pour un territoire forestier à 96 % comme la Guyane. En revanche, ni sortie des énergies fossiles ni plan contraignant contre la déforestation. La Conférence de Santa Marta (28-29 avril 2026, 57 États + UE) a tenté de combler ce vide hors format COP, sans accord négocié contraignant.

Fiche résumé

À retenir

  • La Guyane cumule déjà les impacts climatiques : érosion, sécheresse, forêt fragilisée, agriculture littorale menacée.
  • Adaptation et atténuation sont indissociables : protéger la forêt et les mangroves, c'est aussi limiter les émissions.
  • La Guyane reste absente des grands cadres internationaux (NAP, NDC, GGA) malgré son exposition.
  • 2026 est une année charnière : suivi du TFFF et de la Conférence de Santa Marta, préparation des positions françaises pour les prochains cycles climatiques.

Bibliothèque associée

Ressources du parcours

  • site· Français

    Adaptation de la France au changement climatique

    Ministère de la Transition écologique

    Cette ressource présente les enjeux de l'adaptation face aux conséquences actuelles et futures du changement climatique et les réponses possibles pour rendre les territoires plus résilients.

  • ressource pédagogique· Français

    Ressources pour s'adapter au changement climatique

    Ministère de la Transition écologique

    Une sélection de ressources destinée à mieux comprendre les impacts du changement climatique et les solutions permettant aux territoires et aux acteurs locaux de s'y adapter.

  • document officiel· Français

    Stratégie nationale bas-carbone

    Ministère de la Transition écologique

    La stratégie présente les orientations françaises visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à accompagner la transition vers une société bas-carbone.

  • PDF· Anglais

    Adaptation et atténuation — GIEC

    Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC)

    Une ressource permettant de distinguer les deux grandes réponses au changement climatique : réduire les causes du réchauffement grâce à l'atténuation et réduire ses conséquences grâce à l'adaptation.

  • référence scientifique· Anglais / Portugais

    Amazon Assessment Report

    Science Panel for the Amazon

    Une ressource scientifique consacrée aux transformations de l'Amazonie et aux enjeux liés au changement climatique, aux écosystèmes, aux sociétés et à l'avenir des territoires amazoniens.

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