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Santé & Biodiversité
Comment utiliser la richesse de notre nature pour garantir une meilleure santé en Guyane ?
Qu'allons-nous aborder ?
Présentation du parcours
En Guyane, la forêt soigne, nourrit et transmet des savoirs vieux de plusieurs siècles. Mais cette même forêt est aujourd'hui percée par l'orpaillage illégal, ses fleuves contaminés au mercure, ses eaux côtières pillées par la pêche illégale, et son climat qui se réchauffe fait progresser les moustiques vecteurs de maladies. Ce parcours vous invite à comprendre le lien entre biodiversité et santé humaine — l'approche One Health, ou « une seule santé ». Objectif : repartir avec des pistes de plaidoyer concrètes pour la jeunesse guyanaise.
Chiffres clés
Les données à retenir
- 1 million d'espèces animales et végétales menacées d'extinction dans le monde (IPBES, 2019).
- 40 à 99 % de la population a recours à la médecine traditionnelle dans les pays ayant répondu à la 3ᵉ enquête mondiale de l'OMS.
- La Guyane concentre au moins 98 % de la faune vertébrée et 96 % des plantes vasculaires de France (CGEDD, 2017).
- Plus de 90 % du territoire couvert de forêt primaire : ~5 500 espèces végétales, ~700 oiseaux, ~200 mammifères (WWF France).
- ~8 000 orpailleurs clandestins sur 591 sites, ~6 tonnes d'or extraites illégalement en 2025 ; 1,3 kg de mercure déversé par kilo d'or récupéré.
- Pêche illégale étrangère doublée en 12 ans : 56 navires illégaux par jour contre 20 navires légaux (Ifremer / CRPMEM / WWF, 2024).
L'essentiel du cadre
Comprendre les notions
L'approche One Health part d'un constat simple : la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes sont indissociables. Une forêt dégradée, c'est un habitat perturbé pour les moustiques vecteurs, des rivières contaminées, et des savoirs médicinaux qui disparaissent avec les anciens qui les portent. En Guyane, les peuples autochtones et bushinenge transmettent depuis des siècles des pharmacopées basées sur les plantes de la forêt (IRD Éditions), des savoirs dont la reconnaissance et le consentement des détenteurs ne sont pas toujours garantis. Cette approche est désormais inscrite dans l'action publique via le Plan Régional Santé Environnement (PRSE) 2024-2028, signé le 3 octobre 2025 par l'ARS, la CTG et la préfecture.
Focus Guyane
Ce qui se joue ici
- Orpaillage illégal : en 2013, les populations du Haut-Maroni présentaient des concentrations de mercure jusqu'à quatre fois supérieures à celles du littoral (WWF France).
- Stratégie StraMeLo (Métaux Lourds), pilotée par l'ARS et la préfecture depuis 2021 : lutte contre les intoxications au plomb et au mercure, avec attention aux femmes enceintes, enfants et populations riveraines.
- Changement climatique : prolifération des vecteurs de dengue, chikungunya, paludisme, zika et fièvre jaune, avec risque d'émergence de nouvelles maladies vectorielles (AUDEG, 2025).
- Pêche illégale étrangère (Brésil, Suriname) : épuisement de ressources déjà fragilisées par le réchauffement — tortues luth et acoupas rouges en première ligne.
Appel de la Guyane 2025
Ce qui était déjà demandé
- Reconnaissance juridique des savoirs médicinaux traditionnels et de la mémoire vivante des peuples amazoniens, avec consentement libre, préalable et éclairé.
- Feuille de route vers une souveraineté alimentaire durable (éducation, semences locales, filières respectueuses de l'environnement).
- Intégration des dimensions sociales, culturelles et environnementales dans les politiques de santé publique.
- Adaptation des espaces urbains à la biodiversité alimentaire, médicinale et symbolique.
- Protection efficace de toutes les espèces animales et végétales, en particulier les plus fragiles.
- Stratégie intégrée de lutte contre la pêche illégale aux deux frontières, avec le Brésil et le Suriname.
Bilan post-COP30 · 2026
Où en est-on ?
La COP30 (Belém, novembre 2025) a acté 1 300 milliards de dollars par an pour les pays vulnérables, un objectif de tripler l'adaptation d'ici 2035, l'activation du Fonds pertes et dommages, le Belem Action Mechanism sur la transition juste et le lancement du Tropical Forest Forever Facility (6,7 Md$ promis) — mais sans engagement contraignant sur la déforestation ni sortie explicite des énergies fossiles. Pour la jeunesse guyanaise, l'enjeu est désormais de faire reconnaître les liens biodiversité-santé dans les rapports et positions français aux négociations internationales.
Fiche résumé
À retenir
- La biodiversité guyanaise (98 % de la faune vertébrée et 96 % des plantes vasculaires de France) est directement liée aux enjeux de santé publique du territoire.
- Trois menaces concrètes : mercure de l'orpaillage illégal, maladies vectorielles en hausse avec le climat, pêche illégale transfrontalière.
- Les savoirs médicinaux traditionnels sont une ressource de santé publique dont la reconnaissance juridique reste à construire.
- Les positions françaises aux négociations climat et biodiversité doivent intégrer les enjeux santé-biodiversité guyanais.
Bibliothèque associée
Ressources du parcours
- document officiel· Français
Plan Régional Santé Environnement — Guyane 2024–2028
Préfecture de la Guyane
Le PRSE présente les principaux enjeux de santé environnementale en Guyane et les actions prévues pour mieux protéger la santé des populations face aux risques liés à l'environnement.
- référence scientifique· Anglais / Portugais
Amazon Assessment Report
Science Panel for the Amazon
Une synthèse scientifique consacrée à l'Amazonie qui explore les liens entre biodiversité, changements environnementaux, climat, sociétés et avenir des territoires amazoniens.
- site· Anglais
Santé et environnement
Organisation mondiale de la Santé (OMS)
Une ressource internationale permettant de comprendre comment les facteurs environnementaux influencent la santé humaine et pourquoi la protection de l'environnement constitue également un enjeu de santé publique.
- site· Français
Biodiversité en Guyane
Office français de la biodiversité (OFB)
Une ressource consacrée à la biodiversité exceptionnelle de la Guyane, à ses écosystèmes et aux enjeux liés à leur connaissance et leur préservation.
